Anna et Lucie, égéries de la scène

Anna Cervinka
Oui, on peut devenir amoureux du monde en allant au théâtre, en écoutant les émotions surgir de la scène. Oui, on peut se retrouver fragile, adolescent comme au premier jour des frissons de la vie, en scrutant un regard. Oui, on peut avoir envie, alors, de changer la société, de croire en des lendemains meilleurs. Passionnés.
Ce sont deux visages à suivre, sur le fil de prestations magiques apparues comme dans un rêve au coeur de notre réalité bruxelloise. La première est issue du conservatoire de Bruxelles. Retenez ce nom: Anna Cervinka. Elle apparaît un jour à deux pas de Tour et Taxis. C’est une fée clochette étourdissante dans le “Peter Pan” adapté pour l’Atelier 210, ce petit théâtre sis à Etterbeek qui multiplie les audaces et s’est décentré quelque temps, cet été, au centre de la ville. Cette fée frissonne, vibre, magnifie l’image que l’on s’en est faite dans la bande dessinée de Loisel.
Puis, Anna Cervinka resurgit deux mois plus tard dans “le bouche à bouche des chiens de roche”, dans le petite salle de quartier désuète où l’Atelier 210 s’exprime, un univers en soi où il faut bon se perdre. Cette fois, Anna est une amoureuse rebelle, qui s’affirme et crie “Au secours de l’amour” depuis l’échafaudage qui est le décor principal de cette pièce venue du Québec. Des écorchés de l’avenir sont les vedettes de cette pièce, Anna Cervinka en est la plus belle illustration.

Lucie Debay
Ensuite, oui, Lucie Debay nous parle de la même manière. La voilà qui crie en pleurant son envie de rencontre jusqu’à la mort au coeur de la pièce qui vient d’être reconnue spectacle de l’année 2009. C’était au théâtre Varia. “Si demain vous déplaît…” expose les interrogations d’un ado né entre la chute du mur de Berlin et les attentats du Word Trade Center, entre 1989 et 2001. Il donne aux dix acteurs de cette pièce l’envie de revivre une utopie. Oui, ils ont des choses à nous dire. Et Lucie en est la plus forte des porte-paroles… De la désillusion initiale, première partie du spectacle, naît une deuxième partie jouissive sous l’impulsion d’un DJ, comme un dieu qui donne le rythme. Des mélodies, des cris et des exaltations.
Il y a des avions en papier qui voltigent dans le public, des slogans qui apparaissent comme dans une manifestation moderne. Simples comme ‘Des jardins potagers au parc Royal”, plus rebelles comme “Soyons heureusement critiques” ou instinctifs comme “Embrassez-vous, là tout de suite”. Lucie est là qui se dévoile, sensuelle, bousculant nos regards trop souvent amortis. Lucie est là qui donne de la chair à nos révoltes enfouies
Anna Cervinka, Lucie Debaye: retenez ces noms, googelisez les à souhait… Elles expriment ce nouveau théâtre que l’on aime et qui nous pousse à rester des révolutionnaires de l’âme.
Bonjour,
Seriez-vous assez aimable pour publier un autre article nous concernant sur votre blog?
Il concerne la pièce à l’affiche de l’Atelier 210 en ce moment: Le Grand Projet
J’attends de vos nouvelles par mail pour vous communiquer l’article et les liens.
Merci d’avance de votre collaboration!
Julie
Atelier210
Bonjour,
Merci pour votre commentaire et soyez sûr que nous évoquerons les actualités de l’Atelier 210 sur ce site qui est toutefois, avant tout, basé sur des coups de coeur et un ton libre et indépendant. En espérant qu’il se développe et rencontre un large public…
Divinement vôtre,
Frère Willy Bunker