Midi Station

Samedi, 7 novembre 2009

par Frère Willy

Midi Station

Midi Station

Entre le lunch rapide à midi et une soirée où l’on s’accorde plus de temps, l’appréciation d’une table peut parfois être diamétralement différente. C’est un donc peu dans l’esprit d’un rappel des sens que nous avons déambulé jusqu’au  Midi Station.

Nul besoin de revenir sur les lambris du caprice des dieux niché sous le paquebot de Eurostation, le sujet a déjà été épuisé par d’autres, place donc à la critique générale.

En vérité, tout avait commencé par une forme de misérabilisme commercial lorsqu’à la réservation, nous avons été informés très laconiquement que nous avions exactement une heure et demi pour consommer notre repas et régler notre addition. Pour une enseigne qui essaye (encore) de jouer la carte de l’étiquette et de l’épicurisme, ce fut une belle faute de goût. Téméraires, nous avons quand même décidé de nous y attabler la nuit venue. Les cartes y sont très complètes et tout le monde y trouvera son compte entre les grands classiques de brasserie, le service écailler et le grill (boulettes de veau sauce tomate, poularde de Bresse à la broche, foie gras aux pommes poêlées, pavé de turbot en peau, homard norvégien, palourdes).

Par contre, la majoration générale des prix saute vite à l’oeil. Certes, il faut bien rentabiliser l’investissement sur la décoration pharaonique mais de là à justifier certaines marges….le tartare de boeuf à 22 euros, sous prétexte qu’il est servi avec du caviar (plus probablement de mulet que d’osciètre), ou encore l’andouillette à 20 euros (sans aucune garantie de label AAAAA), c’est un peu l’inévitable surtaxe Pinto. Côté vins, rien à signaler, le choix est large et relativement ouvert aux antipodes.

Et le goût alors ? Nous avons opté pour ledit américain et un coq au vin. Bilan: (très) moyen mais copieux, bref, le côté extraordinaire se trouve dans la décoration et pas dans l’assiette. La cuisine grand-mère, certes, mais une cassolette de volaille composée d’os et de peau, cela fait négligé et négligeant quand on joue la carte chic. Un tartare sans assaisonnement particulier hormis deux coupelles de condiments, c’est à la limite de l’administration médicale de protéine.

Dommage… Dommage aussi parce qu’on a le sentiment que le clinquant s’effrite en parallèle. Les cartes sont écornées, les ratures parsèment la  liste des vins et les toilettes y sont aussi propres qu’à la… gare en face! Bref, le Midi Station se veut grand mais il devrait opter pour un peu de modestie en attendant les corrections nécessaires.

Ceux qui mangent avec les yeux adoreront, les autres seront déçus du rapport qualité/prix. Nous continuerons donc à préférer le service des lunches (économiques) à midi ou alors le soir, uniquement pour en jeter à des amis étrangers de passage à Bruxelles.

Midi Station: place Victor Horta 26 à 1060 Bruxelles – 02 526 88 00.

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One Response to “Midi Station”

  1. [...] et on ne va pas la faire longue, le Kwint, cela reste quand même clairement un « Pinto like » de plus à Bruxelles (parmi les inévitables, la musique lounge, la décoration design [...]

    #323

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