Spooks, l’anti-24 heures chrono

Lundi, 25 janvier 2010

par Frère Denis

Spooks

Depuis dimanche dernier, les Ricains (et les autres) accueillent Jack Bauer et son tictac addictif pour la huitième fois. Toujours aussi invraisemblable, toujours aussi attachant, ca fait quasi sept ans jour pour jour que cette bonne vieille série appartient à mon Panthéon personnel. Il y a 7 ans, la veille d’un examen trop facile (les vrais savent, ULB Style), j’avais réussi à arracher à mon meilleur pote les cassettes VHS de l’intégrale de la première saison qu’il avait enregistrée la veille sur Canal+ France (ah, ce bon vieux temps où on captait C+ et où on découvrait Six Feet Under sur Canal Jimmy…). Ce jour-là, j’avais bouffé 16 épisodes d’une traite. Et a posteriori, j’aurais dû me les farcir tous d’un coup. Pour la beauté du geste. Et puis, t’façon, mon 12, il était assuré… Tout ça pour dire qu’il ne me viendrait jamais à l’esprit de descendre cette série. Malgré le titre de cette kro’.

This is contamined truth

Quelques mois après la déferlante 24 outre-Atlantique (qui a coïncidé avec 9/11), les Brittons de Kudos lançaient, à l’antenne de la vénérable BBC, Spooks. Pour les non-initiés, ce terme signifie fantôme, revenant. Espion in fine. Il n’est pas question ici de Jack Ryan, de James Bond ou autre OSS 117 à la con. Nope. Spooks évoque la vie privée et professionnel, avec un flegme très britannique, des membre de la section D du MI5, le contre-espionnage british, dirigée par Harry Pierce (l’impeccablissime Peter Firth). L’autre figure majeure du show se nomme Tom Quinn (un Matthew Macfadyen pré-Pride and prejudice) et porte littéralement le show sur ses épaules.

On est loin de la testostérone dégagée par 24. S’il y a bien des moments de stress, c’est plutôt lors de poursuites … à pied plutôt qu’en bagnoles ! La série a l’art de faire monter la pression avec une « bête » filature : un peu de CCTV, un micro dans la manche et that’s it. Simple et pas cher. Pas de gunfight, ni de bagarre, non, mais plutôt de la réflexion, des discussions sur la véracité de tel ou tel « intel ». L’intox est au coin de Thames House …

Hold me tight

Pendant toute la première saison, jusqu’à son cliffhanger, c’est bel et bien Tom Quinn, ses amours et ses emmerdes qui sont au centre du jeu. Comment concilier un job d’espion et une vie « normale » ? Comment ne pas ramener à la maison les soucis, quitte à tout faire péter ? Par ailleurs, et heureusement pour nous, la qualité numéro première de la série est de pouvoir jouer avec tous les thèmes sensibles sans tabou : les attentats anti-IVG, l’IRA, la menace islamiste, les cousins américains, le communautarisme made in UK, la corruption, etc. En suivant scrupuleusement l’actualité géopolitique internationale, la série n’a guère de peine à se renouveler.

Tout n’est pas si facile

Tout n’est pas parfait sous le ciel d’Albion. Pendant les cinq premières saisons, les épisodes sont des « stand alone ». S’il y a un bien un fil rouge psychologique qui sert d’arc narratif sur une saison, chaque intrigue se règle dans les 60 minutes réglementaires. Il faudra donc attendre la saison 6 pour que Spooks devienne une série feuilletonnante, ce qui est tout de même plus agréable.

Que les âmes sensibles soient prévenues : les têtes tombent dans Spooks. Prière de ne pas s’attacher aux personnages principaux car il arrive des bricoles à tout le monde. On notera, à ce propos, une différence flagrante avec 24 : là où les Ricains n’ont pas les couilles de tenir compte des fins de saison à s’arracher les cheveux (David Palmer qui s’écroule empoissonné à la fin de la S2 n’a aucun souci dans la S3, Jack B. kidnappé et qui revient en 15 minutes la saison d’après, etc.), les Brittons y font franco et enchaînent les saisons à la seconde près. Et vas-y que je te pète une baraque avec femme et enfant, que je te tue le patron et me barre, que je me fais kidnapper par les Ruskofs, qu’un immeuble avec un Home Secretary s’effrondre, etc., etcétéra.

Spooks

Outre cet aspect-là, on ne peut évoquer Spooks sans parler de ce charme british à nul autre pareil. Oubliés les « put your gun down », « NOW ! » et autres « Son of a bitch ». A Londres, l’atmosphère est complètement différente et, ma foi, rafraichissante. Si la qualité de la série a tendance à très légèrement s’estomper au fil du temps, Spooks reste un spyshow excellent.

Spooks est diffusé chaque automne sur la BBC. La saison 9 est attendue fin 2010. Les DVD sont disponibles online à un prix très correct.

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3 Responses to “Spooks, l’anti-24 heures chrono”

  1. Tim

    Et bien moi je dis platement: bravo. Excellente chronique, série splendide. Comment ai-je pu ignorer cela tant d’années… Thanks, Denis.

    #184
  2. taylor100

    oui moi je la connais depuis le début et j’aimerais bien savoir s’il va y avoir une saison 9. Tim, si tu aime les séries, je te conseille « Breaking Bad », c’est tout simplement génial…

    #373
  3. mahmoud materi

    salut!

    superbe cette série: j’en suis encore à terminer la 7 et j’en redemande encore.

    #381

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