Extract

Extract
Assez méconnu de ce côté-ci de l’atlantique ou ses films ont du mal à se faire distribuer, Mike Judge est pourtant considéré comme un réalisateur culte. Il a non seuleument égayé les deuxièmes parties soirée de MTV durant les années 90 avec le dessin animé Beavis & Butthead mais il a surtout réalisé deux films cultissimes: Office Space et Idiocracy. Ni l’un ni l’autre ne sont à ma connaissance sorti officiellement en notre beau Royaume Bananier Fritier.
Sorti en 1999, Office Space nous comptait de manière délicieusement passive-aggressive la vie désabusée d’informaticiens chargé de préparer le passage à l’an 2000 tant redouté. Après cette fable existentielle en cubicle, Judge nous avait pondu un opus dystopique du nom d’Idiocracy. Jugez plutôt le pitch: deux américains moyens se retrouvent propulsés 500 ans dans le futur dans une civilisation décadente et complètement stupide résultant de la dégénéréscence due au fait que les humains les plus idiots se reproduisent en plus grand nombre que ceux dotés d’une certaine intelligence.
C’est donc avec une excitation non dissimulée que nous attendions le retour de Mike Judge avec « Extract« . Sur le papier, le film est un alléchant mélange entre Office Space pour son côté PME américaine (et ses overachievers avec le logo brodé sur le polo) et Idiocracy pour l’imbécilité ambiante.
Il faut malheureusement vite déchanter. Malgré une bonne brochette d’acteurs (dont le toujours excellent J.K. Simmons) et quelques bons moments, le film ne parvient jamais à décoller ni à passioner. Mike Judge n’a bien entendu rien perdu de son talent de mise en abîme de la connerie profonde et ordinaire mais le scénario a un léger goût de trop peu et de déjà vu. On peut se demander ce que Joel et Ethan Coen auraient pu faire de cette histoire de gigolo crétin, de maître—chanteur redneck, de barman chimique et de voisin envahissant…
On souri bien de temps en temps pendant Extract mais on lui préferera un revisionage d’Office Space ou d’Idiocracy… en attendant la prochaine production de ce réalisateur dont le regard décalé et subversif sur la middle class américaine reste on ne peut plus intéressant.
Dommage. J’avais trouvé Idiocracy particulièrement drôle, bien que mineur dans la forme. De bonnes idées de scénarios ne font pas forcément un bon film…