Kwint Brussels

Jeudi, 18 février 2010

par Frère Willy

Kwint

En plein milieu de la semaine, après une journée harassante à la manufacture, nous avions juste envie de passer un moment tranquille et plein de douceurs. Direction le Kwint, une maison de bouches qui nous avait jusqu’à présent échappée. C’est évident, sans être tout à fait original, le lieu ne manque pas d’intérêt et on peut même parler d’audace pour avoir fait le pari d’une certaine élégance, signée Arne Quinze, sous des arcades (ndlr: du Mont des Arts) jadis converties en urinoirs clandestins.

Le lieu est même très sympathique puisqu’il offre à ses clients une vue exceptionnelle sur le parc de l’Albertine et la tour de la Grandplace, on imagine aisément que la terrasse ne doit pas désemplir les jours ensoleillés. Néanmoins et on ne va pas la faire longue, le Kwint, cela reste quand même clairement un « Pinto like » de plus à Bruxelles (parmi les inévitables, la musique lounge, la décoration design et froide, la coutellerie soignée, l’accueil distingué et affable, les toilettes avant-gardistes…), ce qui se devine déjà avant d’avoir franchi les portes….mais…à la grande différence…que l’accent est mis sur les produits haut de gamme, en particulier le foie gras et les truffes.

Ce détail n’en est pas un car, outre une mini boutique à l’entrée qui écoule les produits des Maisons de la Truffe et Kaspia, les deux produits sont omniprésents dans la carte des mets. Des frites aromatisée à la truffe ? Un exemple ! Le décor étant posé, passons à quelques détails…et on commence par les mauvais points !

D’emblée, nous n’avons pas trop aimé le style du proto-majordome annonçant à la réservation qu’il n’y a aucune table de disponible avec une vue sur la ville mais qu’une fois sur place, il se révèle que la moitié desdits emplacements sont inoccupés jusqu’à la quasi fermeture. Effet de marketing ? Qu’importe….ce n’est pas très professionnel quand on prétend  jouer la carte du prestige. Je vous rassure, la table, nous l’avons eu mais il aura presque fallu la négocier. Autre élément et non des moindres, la Direction devrait sincèrement rappeler à son personnel….au demeurant fort gentil…qu’il s’agit d’un restaurant et non d’un fastfood ! En l’occurrence, se voir demander ce que l’on mange dix minutes montre en main après être arrivé (« Aaaaah ! On ne prend pas l’apéro chez vous ?« ), se voir retirer son assiette cinq minutes après l’avoir terminé (« C’est bête, j’avais encore du pain dans la main !« ) ou encore se faire servir une bouteille….ouverte…de Bordeaux quand on a commandé du Bourgogne (« Vous avez de la chance, Mademoiselle, nous buvons de tout« ) ! Bravo les ressources humaines, c’est presque le paradis de l’horeca !

Ce n’est pas encore la cote d’exclusion mais c’était vraiment très moyen. Les alimentaires de la presse écrite ont tendance à éluder ce genre de situation dans les maquis bruxellois. Indépendante, la Java paye et donc l’ouvre…

Et du côté de l’assiette alors ? Là, nous revenons vers des horizons plus fleuris. La carte ne manque pas d’attraits (même si certaines majorations sont excessives et juste bonnes à payer le remboursement des prêts sur investissement….le filet américain à 24 euros, faut pas déconner !): nous nous sommes laissés tenter en entrée par des oeufs brouillés à la truffe de Bourgogne (pour moi) et un oeuf poché truffé en gelée, roquette et crème balsamique (pour elle). Bons, fins, onctueux et apaisants sur le palais….ensuite nous avons jeté un sort à une piquatta de veau à la roquette, parfum de balsamique de truffe, poêlée de légumes (pour lui) et un risotto à la truffe de Bourgogne (pour elle). Toujours plaisants, très même…on se seraient presque accoutumés au tout au « diamant noir« . Enfin, en apothéose, un coulommiers fourré à la truffe (pour lui) et une tarte au citron (pour elle). Côté vin, les prix ne sont pas excessifs mais nous avons opté pour une consommation au verre de tous les rouges, rien à signaler…

Côté cuisine, donc, le Kwint est une bonne adresse et ne démérite pas son petit succès. On peut être « The place to be » sans céder un pouce de terrain à la déception (bonjour les amis du Chalet !). Par contre, il devrait sincèrement revoir les manières du personnel, on l’a dit, fort gentil, mais un peu trop gauche…un peu trop….

Bon, le verdict ? Allez, on fait péter les 75 % ! Faites flamber les euros, faites vous plaisir, au minimum 150 euros pour deux en service complet !

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